dimanche 12 avril 2015

Costa Rica, 6 mars, du Rio Celeste à El Castillo ( lac Arenal )



Je passe une bonne nuit fraîche dans un lit bien mou, malgré la toux de mon allergie qui me réveille assez souvent. 
Hélas au petit matin quand je me réveille je m'aperçois qu'il y a un brouillard à couper au couteau et bien mouillant, dommage pour la balade à cheval ! Tant pis, « j'ai signé, c'est pour en ch..r, assume, Isabelle! » ;-) 
Un truc auquel je n'avais pas pensé, c'est que quand il pleut ( j’ai entendu la pluie largement tomber dans la nuit ) ça fait de la bouillasse sur les pistes et que c'est donc encore plus délicat à négocier :-( 
Je décide donc d'être tactique : je fais finalement tous mes bagages directement, que je mets dans mon Criquet, pour ne faire qu'un seul trajet sur la mauvaise piste jusqu'à chez mon logeur. Je lui demanderai de garder mes bagages chez lui pendant ma balade : tous les guides et "assistance" sont clairs: il ne faut jamais laisser de bagages en évidence dans les voitures pour éviter les effractions et les vols (logique!), et mon Criquet n'a pas de plage arrière pour cacher mes sacs :-(
Hélas, je n'arriverai même pas jusque là!
Ça se confirme: il y a plein de boue tout autour et sous la voiture et je ne fais pas deux mètres avant de salement patiner :-( :@ 
J'essaie plusieurs fois, d'abord doucement, puis fort, mais rien à faire, je ne fais que déraper et glisser dans la boue :-( 
Donc pas le choix, je prends la piste à pied, on verra plus tard pour la voiture!
Arrivée avec un peu de retard à cause de mon problème, je trouve quand même porte close! Au bout d'un moment, le proprio arrive et me dit que finalement le gars ne pourra venir qu'à 7h30.
Ça m'arrange, d'une part parce que comme ça je ne serai pas en retard ;-) et d'autre part parce que le brouillard se sera peut-être un peu levé!
Il me rassure aussi pour Criquet: il ne gêne personne là où il est, et les bagages ne risquent rien sur ce chemin privé perdu. 
Je fais confiance à l'autochtone et je suis même contente de lui donner mes clés quand il me dit que si je veux, il pourra aller me la sortir du pétrin durant ma balade :-) Vraiment sympa :-) 
Pour ne pas perdre de temps je demande à mon hôte s'il peut me faire le petit déjeuner maintenant plutôt qu'après la balade comme c'était convenu. Pas de problème il est même tout content que j'accepte volontiers sa proposition de me faire du typique gallo pinto ( ça va changer d'hier soir: au lieu d'être séparés, le riz et les haricots noirs vont être mélangés :-D ) avec une omelette. 





 
Mais tout ça fait que finalement, je me retrouve en retard de 5 mn pour finir mon pdj ;-) quand arrive mon guide Debi (? Je l'écris en phonétique comme je l'ai compris!) avec sa jument Cannella et mon cheval Negro :-)







 
Déjà j'apprécie qu'il arrive avec les chevaux plutôt qu'en 4x4 pour m'emmener jusqu'à l'écurie comme font beaucoup de sociétés d'activités de sport de plein air ici : il y a même de gros "abus" (principalement dans le canyoning) où les touristes sont pris en charge en mini-bus au fil des hôtels ( ! ) et se retrouvent à faire jusqu'à 2h de trajet jusqu'à la rivière en question ( et donc pareil au retour ), ce qui fait qu'on gâche une journée complète pour faire 2h de canyoning :-(  
Autant vous dire que je suis enchantée de mon plan en solo à 35$ alors que les prix que j'avais trouvés sur internet commençaient à 45$...avec un minimum de deux personnes!
J’explique à Debi que vu mon physique de –petit- déménageur, il va me falloir une hauteur pour pouvoir grimper sur Negro : pas de problème, on trouve une butte en terre à ma taille ;-D
Bon, alors la balade, ben très sympa, voir les photos! 




































Finalement le brouillard ne mouillait plus, et on a traversé des paysages variés et on est même rentrés dans une fameuse "rain forest", forêt pluviale ( ou de nuages? ) qui est en permanence dans une grande humidité. 







Alors en plus avec les trombes qui étaient tombées la nuit, les chevaux pataugeaient dans une énorme gadoue, des fois de 30 cm, mais j'ai été vraiment bluffée par leur énergie et leur vigueur pour marcher là-dedans, des purs tout-terrains dignes de mon Criquet ( pour qui sait le conduire :$ ) 
Je comprends pourquoi Debi a gardé son pantalon en ciré bien qu’il ne pleuve pas : la boue tapisse les jambes de mon pantalon et mes mocassins n’en mènent pas large ;-D



De temps en temps, dans l’étroit sentier de la forêt humide, Debi utilise sa machette pour rouvrir la route là où une liane a poussé depuis le dernier passage d’un être humain…tchac, tchac, le geste est précis et efficace ! J’ai l’impression de suivre Indiana Jones, c’est chouette, ça fait « aventure » ;-D


La météo s’éclaircit, on voit même quelques rayons de soleil apparaître, j’apprécie encore plus ma balade. Mon guide me montre à l’occasion des oiseaux, des arbres particuliers, des traces de mammifères…
Hélas je ne connais pas tout le vocabulaire anglais qu’il utilise, mais mes yeux se délectent de tous les détails : d’un toucan, de la verdure luxuriante, des troncs torturés, de ces énormes champignons blancs vus dans un pré, qui me rappellent ceux trouvés il y a quelques années à la Rösa ( Suisse italienne ) qui nous avaient permis, en les tranchant, de faire des « steaks » de champignons, vue leur taille !



Au bout d'un moment, sortis de la gadoue, on s'est même accordé un petit galop :-) Oh, pas longtemps, mais je peux dire que je sais toujours tenir en selle ;-) 
L'avantage de la couverture nuageuse, c'est qu'en plus il n'a pas fait trop chaud :-) 
En discutant ( en anglais avec un peu de difficultés de chaque côté! ) je lui ai parlé de mon problème de dérapage avec Criquet et en le racontant, j'ai eu l'illumination! Bon sang, mais c’est bien sûr! Ça ne risquait pas de marcher, j'avais complètement oublié de le mettre en position 4x4! Quelle sotte!
En fait, au début où j'ai commencé à rouler sur des pistes, je me suis posé la question de savoir si je devais le brancher dès que j'arrivais sur une piste, même bonne, ou si ça n'était qu'en cas de pistes difficiles. Très terre à terre, je m'étais dit que j’allais commencer en normal et que je brancherais le 4x4 si j'éprouvais des difficultés. Comme j'y étais toujours arrivée sans, je ne l'avais en fait jamais enclenché et ça m'était complètement sorti de l'esprit!
Je ne saurai jamais si j'aurais pu m'en sortir seule, puisque Criquet m'attendait sagement devant la maison quand on est arrivés, mais je pense que oui à 95%, car les 4 roues motrices auraient bien sûr été idéales sur ce coup!


Après avoir payé le cavalier et mon hôte ( avec pourboire pour le déplacement de mon Criquet ), je repars sans perdre de temps ( 9h45 ) par la piste par laquelle j’étais arrivée hier, jusqu’à Bijagua ( environ 9 km, soit une bonne 1/2h! )

Une moto de l'"EDF" du Costa Rica!






















où je récupère la route N°6 ( ahhhh, quel confort, le macadam ;-) ), que je reprends aussi dans le sens inverse de la veille pour quelques km




avant de bifurquer sur la 927 en direction du lac Arenal.
927 qui est...à nouveau une piste ! Je ne regrette vraiment pas d’avoir pris un 4x4, sinon j’aurais passé mes vacances à m’inquiéter de la conduite sur piste, à risquer d’abîmer la voiture, alors que là, c’est finger in the nose…à 20/25 km/h ;-)
Je traverse de jolis paysages, sous un beau soleil, c’est la belle vie :-)












































"Faire la Route" dans de beaux paysages, de préférence inconnus, c'est vraiment mon trip, je pourrais faire ça à longueur d'année :-)
Je rejoins la route n°142 ( asphaltée ) qui longe tout le lac d’Arenal sur sa partie nord. Et les beaux paysages continuent :-)

J'aime voir ça sur mon GPS, une route qui serpente le long d'un lac :-)



















Un peu avant Tilaran, je fais une pause Coca-Cola dans un bar-restaurant original, avec tout un tas de salles, largement ouvertes sur l’extérieur, comme souvent, mais qui en même temps tiennent un peu de grottes, avec des murs en pierres qui partent dans tous les sens. Je suis très déçue de n’avoir vraiment pas faim car les grillades qu’ils font sur une grille posée au-dessus d’une cheminée, là encore une configuration assez tarabiscotée, ont l’air délicieuses ! Si vous passez dans le coin, arrangez-vous pour avoir faim, je pense que vous ne le regretterez pas !























J’ai d’ailleurs encore plus regretté en voyant plus tard les avis sur Tripadvisor ;-) :


Je continue à longer le lac,
































 je traverse Nuevo Arenal,



et comme cette fois je commence à avoir un petit creux, je m’arrête un peu plus loin ( à La Union ) dans un bel endroit appelé Le Bistro ( restaurant de l’hôtel « La Mansion Inn » ), qui a une très belle vue sur le lac Arenal. J’y mangerai une salade de cœurs de palmiers ( toujours quelques cœurs de palmiers noyés dans une salade de crudités, ça doit vraiment être la manière de les servir au Costa Rica… ) et un plat de penne à la sauce tomate bien trop salées à mon goût.











Comme j’ai largement pris mon temps pour manger, j’en ai profité pour demander à la réception de bien vouloir brancher quelque part mon chargeur de batterie pour mon APN, ayant déjà épuisé une de mes deux batteries.
Après récupération de mon chargeur, je repars, longeant toujours ce grand lac Arenal. Le temps se couvre un peu.



Et là, soudain, sur la route, je suis aussi étonnée qu’enchantée de tomber « nez à nez blanc » ;-) avec une troupe de coatis à nez blanc :-)


J'adore ces bestioles si amicales!!
Même si je trouve les coatis rayés du Guatemala encore plus jolis avec leur queue annelée...


Bien sûr, je suis hyper frustrée de ne pas pouvoir leur donner à manger (c’est très mauvais pour eux, des panneaux routiers l’expliquent clairement) :-( 
Je sais bien que c'est "pour leur bien" mais avec leur regard implorant comme le chat dans Shrek, ça me serrait le cœur de les décevoir :'( Surtout qu’avec mon appareil-photo en main, ils croyaient que j’avais quelque chose à leur distribuer !
Mais ce qui me console, c'est que dans cette nature luxuriante, ils n'ont aucun mal à se nourrir donc ils ne mourront pas de faim! Ca n’est pas comme si on était dans le désert!









































 Comment ne pas être attendrie par cette bestiole quémandeuse??! :-(


 
En tous cas, j'ai été trop contente d'en voir plein, moi qui avais été déçue de ne pas en avoir vu au parc Manuel Antonio!

Je continue la route jusqu’à l’intersection avec la piste qui va vers El Castillo. Piste vraiment casse-dos, et environ une douzaine de km jusqu’à mon logement Essence Arenal,
                        

  j’ai réservé deux nuits dans une tente, à 28$ la nuit ( que ce soit pour une ou deux personnes :-/ ), mais j’aurai 15% de réduction dessus grâce à la carte Premium…qui compensera à peu près le fait que c’était un prix Hors Taxe ! ;-)

Je passe à côté de l’entrée du Parc National du Volcan Arenal, que je ne compte pas visiter.

Je traverse le petit village d’El Castillo, et je continue à monter, sur une piste de plus en plus improbable, j’espère que je n’ai pas loupé une bifurcation !
Le ciel est maintenant bien gris, il pleut même un peu, mais la vue sur le lac Arenal est quand même bien jolie :-)
Et ouf, j’arrive enfin à mon logement !

Le volcan Arenal: 

























Le bâtiment de l’accueil, qui fait aussi bar et restaurant, est joliment décoré et un perroquet est installé sur une table, cool :-)




















Une employée m’accompagne à ma tente qui, hélas, malgré ma demande par mail il y a quelques semaines au moment de la réservation, n’a pas de vue sur le lac. J’imagine que les places sont chères…



Le mobilier est sommaire mais je trouve ça rigolo de dormir sous une tente. 


Par contre, grand moment de solitude quand je fais le tour du propriétaire : bien qu’il y ait de la lumière, impossible de trouver de prise électrique pour y brancher tout mon matos de geek ;-) Dans une chambre en dur, on fait le tour des murs pour trouver les prises, mais là, pas de murs, j’essaie donc de suivre les fils électriques, en vain. Je retourne donc à l’accueil où la même nana, arrivée il y a peu dans cet établissement, ne sait pas s’il devrait ou non y en avoir dans les tentes. Elle demande à un gars plutôt bourru, installé devant son ordinateur et qui ne tourne même pas la tête pour lui grogner que oui, il y en a, sans plus de précision :-/
On repart toutes les deux à la tente, on fouille, on fouine, on scrute et c’est finalement en déplaçant un meuble ( !! ) que la nana trouve enfin la prise, bien planquée ! Il fallait le savoir !
Mais maintenant, je suis parée pour tout recharger… arghhhlll, non ! C’est pas vrai !! Impossible de trouver l’adaptateur qui me permet, depuis mon arrivée, d’utiliser mes chargeurs européens sur les prises costaricaines ( deux fiches plates et une terre ) :-[
Une petite réflexion me permet de me rappeler de la dernière fois où je l’ai utilisé : c’était au déjeuner, à La Union, au Bistro : si j’ai bien récupéré le chargeur de la batterie que m’a rendu la serveuse qui l’avait branché derrière le bar, par contre, elle a oublié de me rendre aussi l’adaptateur, et je ne m’en suis pas rendu compte :-(
Pour mon smartphone, c’est pas grave, je peux provisoirement me dépanner avec mes batteries externes ( merci Marc pour le cadeau :-) ) et pour le GPS, encore moins de problème puisqu’il se recharge sur la prise allume-cigare de Criquet.
Reste donc les batteries de mon APN. Et ça, clairement, risquer de ne plus pouvoir faire de photos, pour moi, c’est hyper gravissime ;-D
Je profite donc de mon mobile à puce costaricaine pour appeler le Bistro (impec’, j’ai son n° sur l’addition de mon repas !), et je tombe sur un des patrons, qui parle français, chouette ! Je lui explique mon cas, il envoie quelqu’un vérifier qu’ils ont bien retrouvé mon adaptateur et on convient que je passerai demain matin le chercher, ouf !
J’ai repéré la route sur une carte avant d’appeler, et j’ai été soulagée de voir que ça ne fera pas un trop gros détour, puisque de toute façon, je dois reprendre cette pénible piste pour aller aux Thermes demain, donc ça ne fait «qu’» une trentaine de km A/R de détour, et la route ( asphaltée ! ) qui longe le lac est loin d’être désagréable ! 
Ceci étant réglé, je pars faire un tour sur le « glamping ». Ayant repéré le jacuzzi extérieur qui a une vue sur le lac, je rentre me changer à la tente et je m’y plonge avec délices, d’autant plus que comme il est situé près d’une salle commune, il y a du wifi, contrairement à ma tente ! 











J’envoie donc en direct des photos de ma superbe vue à ma tribu et sur Facebook, vue qui, j’espère, fera des envieux ;-D
Ça fait du bien après une rude journée d'équitation, de route et de piste défoncée, de frimer un peu ;-D
Et tout ça pour 28$ la nuit, bon rapport plaisir/prix !
Ah, à ce propos, une certaine personne, dont je tairai le nom ;-) m’a dit que si les logements n’étaient pas chers à Essence Arenal, par contre le pdj et le dîner faisaient exploser le prix, en faisant plus que le doubler (de mémoire, dîner à 25$ et on aide à le cuisiner ( si on le désire ) !) et, d’après elle, ça n’en valait pas le coup. J’avais bien noté ça et j’avais acheté en bas dans le village une grosse mangue ( oui, j’en fais une cure ! ) qui m’a largement suffi le soir après mon plat de pâtes du déjeuner !
En plus, avec mon allergie qui me fait tousser et pleurer ( les anti histaminiques achetés en urgence à l’aéroport de Roissy quand j’ai senti les premiers symptômes n’ont pas l’air de servir à grand-chose :-( ), je n’avais pas vraiment envie d’aller au resto :-(
Et voilà encore une journée "PURA VIDA" bien remplie !
Demain devrait être plus calme en kilomètres : j’ai prévu d’aller passer la journée dans de beaux thermes ( conseillés par TCR, et pour lesquels j’aurai donc une réduction :-) ) pas très loin de là, près de La Fortuna.

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