mardi 14 août 2012

vendredi 23 Matinée dans les Météores puis liaison vers le Pélion ( Makrinitsa )

Comme, à mon réveil, il fait un temps splendide, je prends la décision de refaire la route des monastères pour prendre des photos de tous les monastères sous un beau ciel bleu...et tant pis pour le RB prévu, je tracerai ensuite si nécessaire, c'est quand même pour voir les Météores que je suis venue jusqu'en Grèce !
Watt mille photos, donc, et finalement sans perdre de temps car je connais la route, je sais où m'arrêter, une vraie pro !

En sortant de Kastraki pour "attaquer" la route des Météores



Bon, maintenant, je vous laisse reconnaitre les différents monastères, pour voir si vous avez bien suivi la journée d'hier ;-))





Des courageux!







Toujours du monde à Varlaam!




































Ce qui fait qu'en 1H30 environ, j'ai « tout torché », avec plein de photos plus belles que la veille grâce au ciel immaculé :o))
Je fais le point road-book : bien que je puisse malgré tout largement faire celui que j'avais prévu initialement ( c'est vraiment bien de prévoir des petites étapes au départ! ), je décide que je n'ai pas besoin de passer par des nationales qui ont l'air mornes, donc je prends l'autoroute ( donc par Larissa et Volos ) jusqu'à Makrinitsa ( nord du Pélion ), dont je ne sais plus qui ( ah, si !!! Christina, dans le ferry ) m'a dit beaucoup de bien, plutôt que de faire étape à Néa Anchialos où je n'ai rien dans mes guides ni aucun logement de prévu.
Ce qui fait que non seulement j'ai passé la matinée dans les belles Météores, mais en plus, grâce à l'autoroute, j'arrive à m'avancer plus que prévu sur mon RB, trop bien !
Pendant ma morne liaison sur des routes plates et sans intérêt ( et il fait chaud, heureusement que j'ai mon blouson d'été ! Il aura vraiment été d'une grande utilité! ), mon GPS me fait soudain sortir de l'autoroute. Je suis un peu étonnée mais je le suis. En regardant ensuite les paramètres, je comprends qu'il est resté réglé sur « autoroutes sans péage », donc il me l'a fait prendre tant que c'était gratuit et sortir ensuite. Par chance, il y a peu de différence de temps de trajet, donc j'accepte la déviation ( en fait, la route longe l'autoroute, je dois juste y rouler à 90 au lieu de 120, pas grave ! ) et c'est grâce à ça que je m'aperçois que les champs que je longeais depuis un moment sont des champs...de coton ! Coïncidence, qq km avant, les montagnes pelées ( juste quelques arbustes ) et arides du paysage me faisaient penser à l'Ouzbekistan...grand producteur de coton !
Je m'arrête pour des photos et je prend une boule de coton dans sa coque ouverte, que j'installe dans le creux de ma bulle : elle y est toujours à ce jour :o)


















Après un retour sur l'autoroute, redevenue gratuite, je m'arrête pour faire le plein dans une station service, où je suis servie ( il y a tjs des pompistes qui servent l'essence, en Grèce ) par une jeune femme qui parle un peu anglais. Comme ils font aussi café, je m'installe à une table pour lire un peu ce que disent mes guides sur Makrinitsa.
Une dame plus âgée ( celle qui me fait le café ) me fait des grand sourires et des pouces levés pour me féliciter de faire de la moto seule :-) Elle essaie de me parler mais avec le barrage de la langue, elle finit par appeler la jeune à la rescousse. Elles sont toutes les deux épatées de mon périple et la jeune, suite à une question de l'autre, me dit "ma mère me demande quel âge vous avez?" "50 ans" "Ahhh, comme elle! Et elle me dit de vous dire qu'elle n'aurait pas le courage de faire ce que vous faites" Ça n'est pas du courage mais de la passion pour la moto!
Quand je leur dit que je vais dans le Pélion, c'est le déchainement, la mère est trop contente : c'est la plus belle région de Grèce ( elle doit en être originaire, à coup sûr ), je vais être enchantée de mon séjour là-bas...Et vous allez où dans le Pélion : Ah ben aujourd'hui, à Makrinitsa pour commencer... Ahhhh, parfait, vous verrez, c'est adorable, oui, il y a des tavernes pour manger, des petits hôtels pour dormir...
Bref, je quittais un peu à regret les Météores ( comme à chaque fois que je quitte une belle région ) mais me voilà rassurée pour la suite :o)))
Deux gentilles femmes! Même si je n'ai pas la moindre fibre féministe, j'ai quand même été touchée quand elle m'ont félicitée de faire tout ce périple toute seule "que beaucoup d'hommes n'oseraient pas faire". Bon, elles exagéraient un peu, mais ça fait toujours chaud au cœur d'être encouragée comme ça ;-)
Arrivée à Portaria, un peu après Volos, le GPS me fait tourner à gauche vers Makrinitsa mais je tournicote dans des ruelles raides et étroites, je ne suis pas sûre que ce soit la route la plus simple ( hélas, guère de moyen de vérifier, c'est trop tard ) J'arrive ensuite sur une jolie route pleine de lacets dans une pinède odorante à souhait, et je vois le panneau d'entrée de Makrinitsa. Le GPS essaie plusieurs fois de me faire prendre des raccourcis « improbables » mais ceux-là, je les détecte clairement sur l'écran du GPS et je ne me fais plus avoir : quand je visualise le raccourci et que je vois que la route principale fait un lacet plus long, je continue sur le lacet ! Mais à la sortie de la pinède, hélas,même la route « normale » devient un enfer, accumulant tout : forte pente, route très dégradée, pleine de trous, lacets très serrés et voie étroite : à chaque épingle à cheveux, je me demande qui je vais trouver en face de moi : si je dois piler en plein virage, ça pourrait être la chute. Donc je vais à 12 à l'heure environ ;-) pour minimiser les risques, mébon, je ne peux pas aller moins vite sinon je tombe par la force de la gravitation que ne compense plus l'effet gyroscopique des roues de la moto ( enfin...quelque chose comme ça! ) ;-DDD
Après beaucoup d'angoisse et de km ( au moins 5 ou 6 depuis le panneau d'entrée de ville ! ), j'arrive enfin, soulagée et vivante ;-) à un parking où je comprends que si je veux visiter Makrinitsa, c'est là que je dois laisser la moto et continuer à pieds !
Comme je suis super organisée comme fille ;-), j'ai de la place dans mon Top-Case ( juste assez ! ) pour y mettre mon blouson, et j'accroche mon casque à mon câble. C'est donc, au pantalon en cuir et aux bottes de moto près, comme une touriste normale que j'attaque la petite rue dallée principale de Makrinitsa...et là... je tombe amoureuse de ce village ( malgré les marchands du temple -inévitables- au début de la rue ( et pourtant, pas un ne vend le seul « souvenir » qui m'intéresse : un T-Shirt du coin...ou même de Grèce ! Nulle part depuis mon arrivée je n'en ai vu un seul ! ) ), de ses jolies maisons, rez-de-chaussée en pierres, étages en encorbellement et crépi blanc, petites fenêtres aux volets en bois brun... Et sa si belle plateia ( place principale si caractéristique, avec systématiquement son ou ses énormes platanes et ses tables et chaises des différents cafés ), son église, sa fontaine... Je ne veux plus partir !!!

















Makrinitsa



Makrinitsa

Makrinitsa


Makrinitsa

Makrinitsa

Makrinitsa

Makrinitsa

Fontaine sur la plateia

Makrinitsa

Makrinitsa

La belle plateia aux énormes platanes


Makrinitsa















 Je vais tout au bout, après un chemin en descente, empierré comme c'est pas possible ( et moi qui ai la cheville en vrac après ma chute dans les Météores !!! J'y vais tout doucement, comme une petite vieille, c'est une misère ! ) à la terrasse d'un restaurant où je me commande mon premier « spetsofai » ( je l'avais lu dans mes guides et Christina m'en avait reparlé dans le bateau ), une spécialité du coin, une saucisse ( plus proche d'un saucisson un peu mou que d'une saucisse classique ) coupée en rondelles et mijotée avec des tomates et des poivrons, un régal :o))

La ruelle qui descend au restaurant


Makrinitsa

Le restaurant et une de ses terrasses

D'autres terrasses du resto, vue sublime!

Encore d'autres terrasses!

Mon "spetsofai"

Makrinitsa

Makrinitsa

Makrinitsa

Makrinitsa

Makrinitsa



Intérieur de l'église de Makrinitsa


Makrinitsa


Makrinitsa

Je venais donc de manger, en milieu de PM comme souvent, et j'ai décidé que je voulais rester dans ce village ce soir, et donc qu'il me fallait trouver un logement. J'ai demandé dans deux ou trois hôtels depuis la plateia en remontant vers le parking à l'entrée du village, mais soit ils n'avaient pas le Wifi, soit c'était un brin cher pour ce que ça avait l'air d'être... jusqu'à ce que je frappe à la porte de l'hôtel Arhontiko Theodora, tout en pierres :

http://www.theodora-pelion.com/index.html

Je ne suis plus sûre du prix, ( je crois que c'était 35€ avec le PDJ, à prendre au bar attenant, en terrasse :o) )

http://www.theodora-pelion.com/cafe-makrinitsa.html

Bref, je suis accueillie par un monsieur qui parle anglais ( one point, ça n'était pas le cas des deux dames précédentes! ) et qui m'annonce un prix raisonnable et le WiFi! Comme j'aime bcp la maison, je dis oui, et il monte pour me montrer ma chambre, petite et un peu kitsch ( dessus de lit et ciel de lit roses! ) mais il y a une salle de douche et des WC ( comme dans absolument toutes les chambres que j'ai vues jusqu'à présent en Grèce, ça a vraiment l'air d'être la règle, contrairement au Portugal ), à ce prix-là, il n'y a rien à dire!

hôtel Arhontiko Theodora

hôtel Arhontiko Theodora

Vue sur la mer ( si, si! ), de l'hôtel Arhontiko Theodora


En zoomant ;-)


A peine me suis-je installée que je ressors pour aller chercher ma moto au parking du début du village, remonter avec l'allée dallée centrale ( mais proprement dallée, pour une fois! ) et la garer à côté de la plateia, à 200m de l'hôtel ) et remonter à la chambre mes bagages... et je tombe sur une femme qui s'exclame, en anglais : "Oh ben ça alors, vous ici, quelle coïncidence!" Je suppose donc que je l'ai déjà vue avant mais je ne me rappelle pas franchement. Elle comprend vite et me dit que j'ai discuté avec son mari... à Monodendri ( ils logeaient dans mon hôtel ), et qu'en plus, ils ont vu ma moto garée...dans les Météores! Le monde est petit! Le monsieur arrive et lui, oui, je le reconnais, avec sa carrure imposante, son crâne rasé et sa moustache blanche, on avait en effet un peu discuté dans le bar de l'hôtel de Monodendri et je lui avait montré qq photos du tps pourri que j'avais eu dans la journée ;-) C'est un expansif ( sa femme aussi, leur gamin ( 7-8 ans? ) encore plus :-/ ) et il me met le grappin dessus "il faut qu'on se raconte ce qu'on a vu depuis la dernière fois, je vous offre un café sur la plateia?" Donc je dis oui,  dans une dizaine de minutes, le tps que je monte mes bagages...( et que je vous envoie un petit mail pour vous dire que je suis bien installée )
Une fois n'est pas coutume, il me faut plutôt 20 bonnes mn pour faire tout ça et m'habiller en civil, mais je finis par les rejoindre sur la plateia. Ils me racontent la dernière du p'tit dernier : la veille, en tripotant l'APN, il a effacé toutes la carte-mémoire...heureusement vidée sur un CD deux jours avant! Il leur manque donc deux jours pleins, et comme la nana est du genre à faire presqu'autant de photos que moi ( d'où la carte-mémoire transférée dans un magasin de photo sur un CD car ils n'avaient plus de place dessus, et les cartes-mémoire coûtaient super cher à racheter! ), ils me demandent si je pourrais leur envoyer qq unes de mes photos par mail, de Metsovo et des Météores ( arghhl, le gamin a effacé leurs photos des Météores! Saleté vivante, il fallait le lapider en place publique! En fait, ils ont l'air hyper coulants avec lui, il a dû à peine être disputé :-/ ) Je leur dit OK, pas de problème, mais comme j'ai un peu eu ma dose de leurs histoires de vacances en jeep en tout-terrain ( louée sur place car Meir voulait faire venir son propre 4X4 d'Israël mais ça lui coutait un bras ;-) ) et du gamin collant "Elisabeth ceci, Elisabeth cela... " ( NAN, je m'appelle ISABELLE! ) en hébreu, donc je ne comprenais pas, et les parents me traduisaient à chaque fois les paroles vénérées bien que méga inintéressantes de leur enfant chéri ;-))), j'ai dit que je devais aller rédiger mon "journal" à envoyer à ma famille et à mes amis sur mon mini PC ( je ne mentais pas! ). Que n'avais-je pas dit là! Ca n'était pas tombé dans l'oreille d'une sourde! -Ah et bien je viendrai voir vos photos plus tard pour vous dire celles que vous pourrez m'envoyer! -Mais j'en ai énormément! -C'est pas grave!
Quand je disais qu'ils étaient un peu collants ;-) Mais sympathiques quand même, sinon je n'aurais pas accepté leur invitation à les rejoindre sur la plateia!
Je rentre donc dans mes pénates roses ;-), je prends une bonne douche rafraichissante et je m'attèle à la dure tâche de la rédaction de je ne sais plus quel CR ;-)
Comme j'ai déjeuné tard, c'est un peu avant 22h que je ressors pour aller dîner ;-) ( j'ai bien noté que "mon" restaurant ne ferme que vers minuit, "plus tard s'il y a encore du monde" ), j'irai donc là si je ne trouve rien d'autre sur ma route. Et c'est ce qui arrive, les autres restos sont fermés, sauf un qui ne m'inspire pas. Je retourne donc me tordre les chevilles dans le chemin plein de pavés inégaux menant à ma taverna ;-) et sur qui je tombe, sortant du resto? Mes israéliens, Meir, Nurit et leur gamin, toujours pas crevé par sa journée! Ils me sautent bien sûr dessus "merci de nous avoir conseillé ce resto, il est très bon, Meir a pris le spetsofai que vous aviez mangé et il a bcp aimé et moi j'ai pris des pâtes avec de la jeune chèvre en ragoût, c'était divin, je leur ai demandé la recette pour le refaire chez moi..." Moi "ah ben ça tombe bien, c'était avec ce plat que j'hésitais ce "midi", comme j'ai choisi le spetsofai parce que je n'en avais pas encore mangé, je vais prendre du chevreau ce soir"! Et ils ne me laissent enfin entrer dans le resto qu'avec la promesse de passer toquer à leur porte en rentrant, pour voir les photos!!!! Je leur dit "même si je rentre très tard?" Là, je vois que Meir hésite un peu, donc je lui propose de ne passer que si je rentre au plus tard à 23h, et sinon, on verra demain après le PDJ... Il est d'accord et je peux enfin aller m'installer devant mon plat mitonné de chevreau ( young goat, sur la carte! ) avec des pâtes typiques d'ici ( forme d'un grain de riz en environ 4 fois plus gros ) dans un sauce à la tomate et le tout gratiné!
Alors là!!!! Je suis entièrement d'accord avec Nurit : ce plat était une splendeur! Rien mangé d'aussi savoureux depuis des lustres, un régal qui fondait dans la bouche! Le bonheur à l'état pur!
En plus, l'intérieur du resto est très beau ( j'avais mangé en terrasse qq heures plus tôt ), avec de belles pierres, un style rustique très réussi, qui fait très vrai contrairement à bcp de restos qui s'essaient dans le genre! Je comprends le nombre de clients et le fait qu'ils ferment à minuit, contrairement aux autres : même à cette période, ils ont encore plein de clients, dont bcp de gens du coin qui connaissent la qualité des plats!
Une super bonne adresse!

L'église de Makrinitsa

L'intérieur du resto :-)

Le meilleur plat de tout mon séjour en Grèce ( chevreau )!


Makrinitsa

Mon hôtel :-)


En sortant, je fais quelques photos de nuit du village, je traîne un chouia pour arriver à ma chambre... oh ben ça c'est ballot, à un peu plus de 23h! ;-D, Je ne vais donc pas prendre le risque de réveiller mes pauvres nouveau amis, et j'ouvre aussi silencieusement que possible la porte de ma chambre. Je branche mon mini PC pour transférer des photos et 20 secondes plus tard...j'entends frapper :-/// C'est Nurit qui, comme par hasard, m'a entendu rentrer...et n'était pas encore couchée :-/ Je ne veux pas paraitre impolie donc je la laisse s'installer et je fait défiler rapidement les photos des Météores, et elle voit bien qu'en effet, il y en a beaucoup! Donc elle finit par me donner son adresse mail, et je lui envoie juste des photos d'eux et de leur fils à qui j'ai permis de monter sur la moto pour une photo, dans l'après-midi ( c'est pour ça qu'il m'aime tant : grosse erreur tactique de ma part ;-D )



 Pour le reste, elle me dit qu'elle m'écrira à leur retour en Israël et que quand je serai rentrée, je lui enverrai un "best of des Météores", de Metsovo...et "cette photo du berger, que vous aviez montré à mon mari à Monodendri, et qu'il a trouvée si jolie..." OK, bien noté! Elle s'en va enfin et, tant que j'y suis, j'en profite pour leur envoyer aussi la photo du pâtre grec, pour ne plus avoir à y penser!
Et je me couche enfin, à chais plus quelle heure tardive, comme quasiment toutes les nuits depuis que je suis en Grèce!
Donc voilà la fin de la journée du 23 septembre!

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